Le Brochet
Le Brochet
Leur principale qualité est d’être profilés si victorieusement, d’avoir si exactement rentré leurs membres à l’alignement pour évoluer dans leur milieu-ce milieu si épais qu’il semble que leur corps soit parfaitement à l’aise, joue à sa volonté, frétille, ne soit nullement embarrassé.
Mais alors, pourquoi l’expression de leur face dément-elle tragiquement celle de leur corps ?
Leur angoisse s’y est réfugiée.
D’après Francis Ponge, Pièces, « Ebauche d’un poisson ».
Fou de Bassan
Le Fou de Bassan
Couleurs délicates, transparentes, éclat du blanc à peine grisé… Tu es sur ton nuage, en apothéose, sur ton Olympe, tu es là pour te montrer, car tu as une histoire, une histoire exemplaire: un jour, en Nouvelle Zélande, dans une réserve naturelle, des ornithologues ont eu l’idée d’installer des Fous de Bassan en ciment, faux oiseaux, imitations parfaites du vivant, pour y attirer les vrais et, ainsi, y réintroduire l’espèce.
Et c’est là que commence cette histoire exemplaire : sur l’île, les scientifiques n’en laissent qu’un seul de véritable, qu’ils appellent Nigel, et qui tombe amoureux d’une belle oiselle Fou de Bassan en ciment. Tel Pygmalion empressé auprès de Galatée, il la soigne, la nourrit et… finit par la préférer aux vrais mâles et femelles qui ne manquent pas d’arriver assez vite pour repeupler le coin, le stratagème des hommes ayant parfaitement réussi.
Mais si, dans le mythe, Pygmalion finit par donner la vie, à force de prévenances, à Galatée, hélas en ce qui te concerne, ton aimée resta de pierre.
Catherine Marle – 2021
Fleurs de courgettes
Fleurs de courgettes
Fleurs de courgettes, les coquettes,
Têtes penchées et robes froissées, falbalas…
Corsetées, les non-écloses mais prometteuses,
Aux pointes dressées, comme un défi.
Vésiculées, compliquées, et raffinées…
Des fleurs de courgettes, vraiment ?
Catherine Marle – 2021

Poissons-passion
Poissons-passion
La fin de l’été et le début de l’automne sont pour moi, une nouvelle fois l’occasion de peindre et dessiner des poissons. C’est mon fils Pierre qui m’emmène à la pêche, à bord de sa superbe barque. Dès qu’un poisson est capturé, s’il constitue un spécimen intéressant pour le dessin, on rejoint la rive et on le dépose dans l’herbe humide. Il faut faire vite.
J’attends que les nageoires soient bien déployées et je photographie puis il rejoint sa rivière.
Si c’est un grand poisson, je fais un cliché pour la tête, un pour le centre du corps et un dernier pour la queue. Assemblés, cela peut faire un très très long poisson mais comme les pêcheurs exagèrent toujours la dimension de leurs prises…..
Brochets, barbeaux et gardons peuplent les murs de l’atelier où ils ont été créés d’après les photographies, sur fond blanc pour mettre en exergue les silhouettes fuselées et adaptées à leurs différents modes de vies.
Certaines oeuvres sont tracées sur des planches de merisier. pour le coup, ce sont de véritables planches naturalistes. Les silhouettes à la mine de graphite sont réhaussées de crayon noir, crayon blanc, encres de Corée et gouaches. Chaque matériau à sa place, le résultat est saisissant ! Les ondes du bois se substituent à celles de l’eau et la tonalité ocre rose / vert du fruitier donne une profondeur toute particulière au dessin.
Une de mes élèves me suggérait, tout récemment d’employer du noyer la prochaine fois ; et pourquoi pas du pêcher aussi !







